« arrange les fleurs comme elles sont dans les champs »

Extrait de « Vie du Thé, Esprit du Thé » de Soshitsu Sen, sur le Chabana
« Historiquement, le chabana comprenait une ou deux fleurs, ou un feuillage, dans un simple vase. Le sens n’a pas changé de nos jours. Le recueil classique du thé, le Nambôroku, mentionne : Un seul chrysanthème dans un large vase ; dans un panier, des fleurs blanches de pêcher ; dans un vase étroit, un chrysanthème ; un iris dans un bambou. Quelle modestie dans ces choix !
Rikyu aimait le camélia. Fané, il tombe tout entier : parce qu’il évoque la décapitation, certaines écoles d’arrangement floral l’écartent, Mais pour le chabana, la beauté nette du camélia est particulièrement appréciée. De plus, pour l’arrangement floral traditionnel, une fleur qui retombe sous le col du vase est censée avoir piètre apparence. Le chabana n’y accorde aucune importance.
En conclusion, arrange les fleurs telles qu’elles sont dans les champs semble vouloir dire les disposer naturellement, non pas comme on les trouve à l’état sauvage, mais bien plutôt rehaussées par l’adresse et le coeur de celui qui recherche la beauté à travers la pratique du thé. »
