Je suis arrivée pour la première fois au Japon en novembre 1987, avec un groupe d’étudiants qui comme moi étaient venus passer 3 mois dans le cadre d’un programme d’études international. Je souhaitais avant tout profiter de ce programme pour « peaufiner » un diplôme de commerce international. Très rapidement séduite par le pays et ses habitants, je rencontrai alors mon futur mari et décidai de m’établir quelque temps au Japon, pour terminer mes études sur place, et mieux faire connaissance avec ce beau pays. Je devais y rester 15 ans….
Au bout de 10 ans de vie au Japon, je suis comme envoûtée par tant de richesse culturelle. J’ai envie de me fondre davantage dans cette culture, de côtoyer de plus près les secrets de l’esthétique japonaise, si dépouillée et si riche à la fois, de communier avec ce Japon ancien qui se livre parfois au détour d’une rue … Et c’est à ce moment-là de ma vie japonaise, que j’ai rencontré le Thé. La cérémonie du Thé s’est présentée à moi comme étant la meilleure façon de vivre toutes les choses qui m’interpellaient au Japon :
Culte ancestral de l’esthétisme wabi-sabi, art des fleurs, voie de l’encens, calligraphie, respect de la nature, harmonie homme-nature. Une cérémonie de Thé dans un jardin un dimanche après-midi, et c’est le déclic. Dès le lundi, je pars en quête d’un professeur. Mes pas vont me mener, au « hasard » de la promenade, devant la porte d’un vieux maître de thé qui accepte de me guider sur la voie du Thé… Chaque vendredi matin, je passe 3 h en sa compagnie à répéter chaque geste, à tendre vers la perfection, dans le respect des règles établies depuis plusieurs générations de maîtres de Thé…
De retour en France quelques années plus tard, je me lie d’amitié avec un jeune céramiste spécialiste de bols à thé de style « raku » : Emmanuel Alexia. En 2004, dans le cadre de l’Exposition « Wabicha : les bols à thé japonais » au musée Georges Labit, nous mettons en place un cycle saisonnier de Cérémonies du Thé pour les Toulousains en quête de sérénité. Les cérémonies ont lieu au musée à chaque changement de saison, je reçois 2 ou 3 petits groupes de 5 personnes environ pour qui j’ effectue les gestes appris auprès de mon maître au Japon.



