Les derniers jours d’avril marquent la fin de la saison du « ro », ce foyer enterré qui est tant aimé des gens du thé ! Placé entre le maître de cérémonie « Teishu » et les invités, il garde les charbons bien au chaud pendant tout le temps de la rencontre de thé, permettant ainsi à la bouilloire « Kama » de monter tranquillement en température dans un chant caractéristique qui rappelle le vent dans les pins (matsukaze). Le « ro », enfin, participe d’une ambiance chaleureuse et accueillante, les invités et l’hôte se faisant face pendant tout le temps du partage du thé.
Pour honorer ce « ro » qui nous a accompagnés tout au long des derniers mois (le « ro » est en service du 1er novembre au 30 avril) en nous prodiguant sa douce chaleur, j’ai « habillé » le foyer d’un cadre de bois « robuchi » un peu particulier, réalisé dans du bois de cèdres millénaires issus du sanctuaire de la déesse Amaterasu à Ise.

Dans le tokonoma, une maxime zen (zen go) comme de celles que nous fait tracer Yoko. Sur ce rouleau , le maître calligraphe a écrit « ro dô dô – 露堂堂» . Ces 3 caractères sont un « raccourci » de la maxime qui dans son intégralité se lit : « Mei-rekireki , ro dô dô – 明歴々露堂堂 » . Bien que le mot se prononce de la même façon, « ro » ici n’est pas le foyer, avec ses braises rougeoyantes ; le mot « ro » de « ro dô dô » est le même que dans « roji », le chemin de rosée qui mène au Pavillon de thé ; « ro » de la « rosée » du matin, petites gouttelettes d’eau, qui sont là pour nous rappeler le caractère transitoire de nos vies . La goutte de rosée est vive et lumineuse (mei-rekireki), d’une évidence absolue et magnifique ( dô dô) , ici et maintenant ; et il en est de même pour tout, pour qui se donne la peine de regarder , en toute spontanéité.


